Il existe des marges de manœuvre en France

La crise actuelle traversée par notre pays précarise de nombreuses populations. Jeunes diplômés ou non en recherche d’emploi, jeunes ménages en train de s’installer qui souhaitent acquérir leur résidence principale, primo-accédant en général auxquels on octroie au compte-gouttes un prêt à un taux de crédit bas mais pour lesquels le coût global du prêt est lourd du fait des frais de dossier et du coût de l’assurance emprunteur, deuxième poste budgétaire dans ces opérations.

Rappelons que la crise que nous traversons a généré une situation inédite : les taux d’intérêts négatifs auxquels les états et les banques achètent l’argent. Ce qui fait que le banquier qui consent un taux de crédit bas à 3% par exemple affiche en réalité sa marge sur l’opération puisque l’argent ne lui coûte rien sur les marchés.

Que ce même banquier rajoute des frais supplémentaire en cette période relève de l’indécence. Si l’adage microéconomique consistant à dire « ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur» demeure, il est indécent de faire peser sur les moins favorisés de telles pratiques.

Facturer une assurance emprunteur deux fois trop cher alors que des offres alternatives proposent des conditions de prix et de garanties bien plus avantageuses relève d’un racket organisé avec l’aval des autorités de surveillance et des Pouvoirs Publics.

Que faire dans une telle situation ? Y a-t-il des marges de manœuvre ?

La réponse est clairement oui ! L’assurance emprunteur représente près de 20% du coût d’un crédit. La concurrence est insuffisamment ouverte à ceux qui proposent des tarifs deux fois moins chers.

Quels sont les enjeux financiers ? Une véritable ouverture à la concurrence de ce marché d’assurance réinjecterait près de 3 milliards d’euros par an dans l’économie en redonnant du pouvoir d’achat aux 8 millions de foyers français détenteurs d’un crédit immobilier en cours.

S’il souhaite s’en donner les moyens, Le Gouvernement peut, à coût budgétaire zéro, faire un choix politique audacieux et vertueux.

Audacieux, car il faudra affronter le lobby bancaire, « la finance », l’ennemi du candidat HOLLANDE pendant la campagne Présidentielle du Printemps dernier, et lui faire accepter de pratiquer des marges décentes et non abusives.

Vertueux, car il n’y a pas beaucoup de secteur d’activité où l’on peut aussi facilement dégager du pouvoir d’achat et de la croissance économique pour notre Pays. 3 milliards d’euros par an c’est plus de 0,1% de PIB alors que l’on annonce une croissance nulle pour 2012 et 2013…

Jacques Martin,
Secrétaire Général AEC

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